Terre et maison ancestrale
des Bélanger de Saint-Laurent

2e partie


Liens avec les ancêtres Robert


Un peu d'histoire...

Jean Descarris (Décarie), compagnon de Paul de Chomedey de Maisonneuve, est un des pionniers de Montréal. Venu probablement à Ville-Marie en 1643 avec le troisième contingent de colons, il meurt en 1687.

Il laisse à ses trois fils Paul, Michel et Louis la terre reçue de Maisonneuve « dans l’enclos de la Place Ville-Marie » et « celle de la montée St-Joseph ». Mais ses trois fils préfèrent aller défricher avec hache et mousquet la côte Saint-Michel qu’on appellera plus tard la côte Saint-Laurent. Une côte est en fait une aire de peuplement formée d’une ou deux rangées de terres. Elle peut être simple ou double. La plus ancienne est la côte Saint-Laurent où s’établirent en 1700 les dix-neuf (19) pionniers de la future ville de Saint-Laurent. Puis, d’autres colons s’établirent à la côte Notre-Dame-des-Vertus (Côte Vertu) et ensuite s’ouvre la côte Notre-Dame-de-Liesse (Côte de Liesse), au sud de la paroisse, au débouché de Lachine.

Un chemin public conduit de la côte Notre-Dame-de-Liesse à la côte Saint-Laurent. Ce sont ensuite Saint-François, à l’ouest de la paroisse, la côte Saint-Louis-du-Bois-Franc, surnommée plus tard le Bois-Franc et la côte Sainte-Marguerite.

En 1702, l’intendant Champigny fixe les limites de la nouvelle paroisse de Saint-Laurent. Il faudra attendre 1720 pour l’ouverture des registres paroissiaux. La distribution des terres se fera rapidement. Il s’agit de sols argileux et parmi les plus fertiles de la Nouvelle-France. Les nouveaux défricheurs sont courageux et ne tarderont pas à mettre leur lot en valeur. Selon le livre de Renvoi de la paroisse Saint-Laurent, la côte Saint-Louis-du-Bois-Franc s’est ouverte progressivement de 1704 à 1723 et subséquemment, mais toutes les terres étaient concédées en 1740.

Les Sulpiciens, à titre de seigneurs de la « Seigneurie de Saint-Sulpice », accordent les concessions qui sont faites aux conditions ordinaires : obligations de mettre en culture (défricher, labourer, cultiver), de payer les redevances seigneuriales, de laisser passer les chemins, de faire moudre les grains au moulin des Seigneurs, de laisser ces derniers prendre du bois de chauffage ou de construction… La côte Saint-Louis-du-Bois-Franc est double. Il y a des terres situées du côté nord c’est-à-dire entre le chemin Bois-Franc et la Rivière des Prairies (lot 108) et celles situées du côté sud, entre le chemin Bois-Franc et le chemin Côte-Vertu. (lot 204)



Nos ancêtres Bélanger ont possédé des terres des deux côtés du chemin Bois-Franc. Le lot 108 mesurait 2 arpents et 5 perches de front (largeur) par 35 arpents de profondeur. Ce lot a été défriché, labouré et cultivé depuis 1717 par les propriétaires suivants : Narcisse Gohier, Donat Gohier, Augustin Jasmin, Isaïe Bélanger, Prime Bélanger, Émile Bélanger. Mon arrière-grand-père Isaïe a vendu à bon marché la partie de terrain située entre le bord de l’eau et le boul. Gouin à la famille Paton ou Ogilvy.

Le lot 204 situé à l’endroit où se trouve la maison ancestrale (3902 chemin Bois-Franc) se rendait jusqu’au lot 203, propriété de Donat Gohier. Ce lot 204 mesurait 2 arpents et 5 perches de frontage (largeur) par 12 arpents et 3 perches de profondeur. Depuis 1723, ce lot a été mis en culture par les propriétaires suivants : J.B. Grou, Narcisse Gohier, François Robert Taché (Fâché), Joseph Taché (Fâché), François Isaïe Bélanger, Prime Bélanger, Émile Bélanger.