Arrivée de François au Canada
avec Robert Giffard

Comme les départs des vaisseaux pour la Nouvelle-France se font toujours au printemps, il leur faut donc quitter Mortagne au début d'avril. Ce jour-là, dans l'église Notre-Dame de Mortagne, le bataillon des futurs défricheurs s'agenouille une dernière fois pour prier la Vierge de les protéger sur l'océan. Pendant que les cloches sonnent à toute volée, c'est le tableau des adieux à la porte de l'église où de puissants chevaux percherons tirent la caravane de charrettes remplies de meubles, de provisions et d'instruments de métier.

La Place d'Armes, le monastère des Clarisses, l'église Saint-Jean, les parents, les amis de Mortagne sont déjà loin en arrière. La caravane a pris la route de Rouen, en direction de Dieppe, à quarante lieues de là. On parcourt les routes du Perche et de la Normandie. À Rouen, Robert Giffard va visiter Jean Bourdon, futur procureur général du Conseil souverain de la Nouvelle-France qui s'embarquera plus tard sur le navire de capitaine Deville. Chemin faisant, il engage François Baugy puis le Beauceron Jean Juchereau, sieur de Maure, 52 ans, avec sa femme Marie Langlois et leur enfants Jean, Nicolas, Noël et Geneviève ainsi que le pilote Noël Langlois, 31 ans, de Saint-Léonard-des-Parcs (Ornes). La colonie émigrante, maintenant de 43 membres, se remet en route pour Dieppe.

Dans le port, quatre vaisseaux composent la flottille commandée par le sieur Duplessis-Brochard, général de la flotte, et par les capitaines de Nesle, Bontemps et de Lormel. Provisions, meubles et passagers sont placés à bord. Puis c'est la traversée, heureuse mais longue. Il faut deux mois pour atteindre l'Amérique, quand le vent est favorable.

Fin mai, les vaisseaux sont devant Tadoussac, puis le 4 juin 1634, Robert Giffard et sa colonie percheronne réunie sur le navire du capitaine de Nesle arrivent à Kébec pour assister à l'étrange spectacle de chaloupes remplies de Hurons et d'Algonquins venus échanger leurs fourrures aux comptoirs des Français. Les Indiens sont démonstratifs et criards dans leurs costumes bigarrés et avec leurs têtes rouges empanachées de plumes sur de long cheveux. Pour les nouveaux colons qui n'ont jamais rien vu de tel, la réception est fort colorée et ne manque pas d'étonner.

Reproduction de l'habitation de Québec telle qu'elle était en 1623


En arrivant à Québec, Champlain est allé chercher au bateau notre ancêtre, François Bélanger et ses compagnons, pour les installer dans le Fort à cause de la menace des Iroquois.


Seigneur et maître de l'expédition, Robert Giffard s'empresse avec ses hommes d'aller à Beauport choisir le site de son manoir seigneurial. Avec des instruments primitifs, les censitaires construisirent à même la forêt des cabanes en bois rond pour y vivre avec leur famille, puis à l'aide de charrues, tirées par des bœufs, ameublissent le sol, sèment le blé qui suffira à nourrir vingt personnes en deux ans.

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