Ascendants de
Aubin Caillé dit Jasmin


Patronyme : Caillé, Caillier, Chailler, Callière, Cayer…


Les noms de personnes font partie de notre patrimoine au même titre que les mots de notre vocabulaire. (Albert Dauzat).

En 1539, François 1er signa l'édit de Villers-Cotterêts imposant, entre autres, la transmissionhéréditaire d'un nom et par voie de conséquence la fixation de son orthographe. Tous les patronymes mentionnés ci-haut ont été utilisés et se retrouvent dans les contrats, surtout en France.

Au Québec, le code civil du Bas-Canada, basé sur le Code Napoléon, contenait les mêmes dispositions limitant le changement ou la correction de nom dans des cas exceptionnels avec la permission du Tribunal ou du Parlement. Le Nouveau Code Civil du Québec exige l'autorisation du directeur de l'état civil ou du Tribunal pour changer de nom (art. 57 et 58). Notre ancêtre était un soldat qui avait adopté le surnom de Jasmin. Tous les soldats à cette époque, entraient dans le régiment par cette cérémonie que l'on appelait le "baptême du régiment" en adoptant un surnom qu'ils gardaient par la suite et qui bien souvent faisait oublier le nom d'origine.

Ces surnoms étaient souvent choisis avec goût tout en évoquant la beauté des fleurs et des arbustes et en suggérant des idées belles et poétiques comme : Lafleur, Larose, Lafortune, Latulippe, Lebeau, Laliberté, Lebon, Ladouceur, Lajeunesse, Latendresse, Deslauriers, Jasmin, Labonté, Desrosiers, Laframboise etc. Aujourd`hui, le nom Cayer et le surnom Jasmin semblent prédominer. Jasmin n`est pas mentionné dans les 1000 noms patronymiques les plus en usage au Québec, tandis que Cayer occupait le 254e rang en 2005.

Aubin Caillé est né vers 1684. Il déclare être âgé de 30 ans lors de son mariage le 2 juin 1716 à Notre-Dame de Montréal avec Marie Louise Couvret, âgée de 20 ans, fille de Victor Couvret et de Marie Thérèse Cherlot de la Côte Notre-Dame des Vertus en l'île de Montréal. Notre ancêtre Caillé dit Jasmin est natif du bourg de Pied de Serre au Mervent, arrondissement Fontenay-le-Compte, évêché de Poitiers au Poitou, aujourd'hui département de Vendée. Dans son acte de mariage, Aubin déclare que ses deux parents sont : Isaac Callière, meunier et Françoise Barreau (Barraud), de Mervent. Aubin avait une sœur qui se nommait Marie Cailler. Marie épousera Jean Imbert, le 7 novembre 1696 à Fontenay-le-Compte. L'acte de mariage a été passé devant le notaire Pierre Goguet, cote des archives de Vendée 1696 3 E 35-94, pages 019 et 020 sur 253. Dans le contrat, Jeanne "Bareau" apparaît comme témoin, probablement la sœur de Françoise Barreau. Suivant un document des minutes notariales de Mathieu Chatevaire, tabellion royal à Fontenay-le-Compte du 2 août 1662 à juillet 1686, daté de 1684 sous la cote 3 E 35-87, nous pouvons établir que le grand-père d'Aubin se nommait François Cailler.

Louis Cailler mentionné dans le document était le frère de son père Isaac. Suite au décès de son père, Françoise Barreau sa mère, s'est remariée avec Louis Encelin ou Ancelin. Dans l'acte déjà cité du notaire Goguet, apparaissent les noms de Jeanne Barreau, sa tante, Marie Cailler, sa sœur et Jean Imbert, son beau-frère. Dans son contrat de mariage, Aubin déclare ne savoir ni lire, ni écrire. Aubin Caillé dit Jasmin, notre ancêtre, arrive en Nouvelle-France vers 1712. La première mention de sa présence en Nouvelle-France semble être comme témoin au mariage de Jean Vallée dit Sanssoucy avec Marguerite Damien le 16 juillet 1712 à Notre-Dame de Montréal. Aubin serait parti de La Rochelle comme engagé de la compagnie de Levilliers en 1712, puis comme soldat du Sieur Des Chaillons en 1712, de La Forest en 1715 et finalement comme soldat des troupes du détachement de la Marine Franche du Sieur De Repentigny en 1715-1716. L'engagement durait habituellement 6 ans et il devait demander à son capitaine la permission de se marier avant la fin de son engagement.

Le père d'Aubin, Isaac Cailler (Caillé), possédait comme meunier le moulin des Deux Eaux à Mervent en Vendée.



Louis Encelin était employé comme farinier dans ce moulin et à la mort d'Isaac, son épouse Françoise Barraud qui s`occupait du moulin, se remaria avec le farinier Louis Ancelin. Ce moulin est maintenant sous le barrage de Puy De Serre en Vendée et il n'existe plus, suite à la construction du dit barrage en 1960. Cependant, à l'eau basse, il est possible de voir les ruines du moulin.

André Bélanger
Janvier 2008

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