Les Familles Bélanger et Guyon en France
Les Bellanger, Bélanger en France
Saint-Pierre-de-Sées, Basse-Normandie, Orne


(recherche par Michel Jasmin et transcription par Raymond Bélanger et Ronald Méthot)


Notre ancêtre de la Nouvelle-France serait né à Saint-Pierre-de-Sées le 7 octobre. Son père (?) François Bélanger est décédé le 8 janvier 1631 et sa mère (?) Françoise Horlays (Horlais), le 12 septembre 1662. François aurait eu plusieurs frères et soeurs : Marin né en 1614 (?), Marie (?) née le 7 juin ou septembre 1614, Suplice, le 25 août 1623, Simon, le 18 août 1624, Jacqueline (?), Claude (?) ainsi que plusieurs beaux-frères, belles-soeurs, neveux et nièces.

Dans le contrat de mariage de François Bélanger et de Marie Guyon que nous avons trouvé récemment, passé en même temps que celui de son ami Robert Drouin et Anne Cloutier, soit le 27 juillet 1636, François déclare habiter "la paroisse de saint germain de loise de mortaigne en perche..." et plus loin, il ajoute qu'il donne à son épouse "chacun ses biens terres maisons a luy venus et échus par déces des ses défunts pères et mères en quelque lieu qu'ils soist asis et situez...". Il y a certainement ignorance ou contradiction de la part de notre ancêtre. Son père était décédé, (voir l'acte de décès de François Bellenger, époux de Françoise Horlais - Horlays - et père de notre ancêtre François) mais sa mère bien vivante durant plusieurs années. De plus, Saint-Germain-de-Loise, paroisse de Mortagne-en-Perche était-il pour François un lieu d'habitation où il est né ou sa dernière résidence avant son départ pour la Nouvelle-France? Par contre, dans son acte de confirmation, François déclare à Mgr Laval qu'il vient "des environs de Lisieux".

Les nombreux documents trouvés sur Internet par Michel Jasmin grâce à ses correspondants et provenant des registres de baptême, mariage et sépulture de la paroisse de Saint-Pierre-de-Sées et d'ailleurs, ne font aucune mention de notre ancêtre comme parrain, témoin ou autre événement concernant les membres de sa nombreuse famille (?) en France. François semble n'avoir eu aucune relation familiale en Nouvelle-France avec sa parenté de la cité de Saint-Pierre-de-Sées. Comme bien d'autres à l'époque, François est-il devenu compagnon de France dès l'âge de 14 ans, quittant cette région avec son baluchon sur le dos pour se trouver un maître maçon et fuir les guerres de religion, la pauvreté, les impôts onéreux et les épidémies? Jusqu'à preuve du contraire, François n'a laissé aucune trace de son passage à Touques, Lisieux, Tourouvre, Mortagne, etc. La preuve documentaire, testimoniale ou par présomption est insuffisante pour le moment et on ne peut établir hors de tout doute raisonnable le lieu de naissance de notre ancêtre. Les quelques documents que nous possédons à son sujet sont plutôt contradictoires. Il faut continuer de chercher pour retracer des indices quelconques permettant d'établir un commencement de preuve par écrit à l'aide du contrat d'engagement de François, la liste des passagers sur les différents navires en partance pour la Nouvelle-France de 1634 à 1636, les registres portuaires de Dieppe et de Québec, la déclaration assermentée de François comme capitaine de milice, arbitre, arpenteur ou lors de son témoignage dans ses procès.

Des historiens et des généalogistes très sérieux comme l'abbé Ferland, Yvanhoë Caron, Léon-Henri Bélanger et Mme Pierre Mortagne maintiennent Saint-Pierre-de-Sées comme lieu d'origine. Sans preuve à l'appui, Benjamin Sulte et Mgr Tanguay penchent pour Touques en 1612, le père Archange Godbout et Léonidas Bélanger s'appuient sur l'acte de confirmation et ils optent pour Lisieux. L'abbé Gaulin le fait naître à Saint-Germain-de-Loise (Mortagne) et René Jetté à Pont-L'Évêque.

La date de naissance de François (1612) est beaucoup plus vraisemblable à cause des recensements de Château-Richer en 1666 et 1667 qui établissent l'âge de notre ancêtre à 54 et 55 ans, confirmant ainsi sa date de naissance et celle de son mariage en 1637, à l'âge de 25 ans.

En Nouvelle-France, François s'intègre parfaitement à sa famille ainsi qu'à sa belle-famille et à son milieu. Il participae aux événements sociaux, religieux et civils concernant sa famille directe (12 enfants, 5 garçons et 7 filles), ainsi qu'à l'élection à sa paroisse Château-Richer comme syndic et marguillier. Il se montre généreux en avantageant ses filles lors de leur mariage, son fils Charles ainsi que Louis, Jacques et Jean-François qui deviendront co-seigneurs lors de la donation de terrains à même ceux de la seigneurie de Bonsecours-l'Islet. À sa mort, François laissait une nombreuse progéniture (62 petits-enfants). Quant à sa belle-famille, François avait probablement (?) agi avant son mariage à Mortagne-en-Perche comme apprenti maçon de Jean Guyon et il est devenu maçon grâce à lui en Nouvelle-France. Notre ancêtre fait des affaires avec ses beaux-frères et notamment Simon et il s'occupe de ses neuveux à l'Islet. Sur le plan social, François sera curateur de Letardif, capitaine de milice, syndic, marguillier, tuteur de ses enfants, expert-évaluateur, arbitre, co-seigneur de Cap-Tourmente et seigneur de Bonsecours-l'Islet. Il connaîtra aussi plusieurs démêlés avec la justice.

Sa mort pose une énigme. On ne connaît pas la date exacte de sa mort et le lieu de sa sépulture. On prétend qu'il aurait été enterré dans son champ (?). Pour un seigneur bien nanti, dévoué, honnête, généreux, valeureux, intelligent, c'est une bien triste fin. Marie Guyon lui a survécu pendant de nombreuses années. Il est difficile de comprendre pourquoi elle n'a pas remédié à cette situation avec la collaboration de ses deux fils vivants, Louis et Jacques, co-seigneurs, en procurant à François une sépulture plus mémorable. Les autres descendants de notre ancêtre ont laissé perpétuer ce mystère. Tous les documents personnels de notre ancêtre semblent introuvables, de même que ceux de Marie, Charles, Louis, Jacques, etc. On ne trouve dans les archives ques les actes notariés ou des actes de naissance, mariage et sépulture. L'enquête est probablement demeurée incomplète auprès des familles de Château-Richer, l'Islet, Cap-Tourmente, le Séminaire de Québec, l'Évêché, Cap Saint-Ignace. La ville de l'Islet et la Société d'Histoire de la région se doivent de faire des recherches approfondies sur ce valeureux pionnier, défricheur, notable et seigneur de l'un des plus beaux territoires longeant le majestueux fleuve Saint-Laurent.

André Bélanger, novembre 2008.



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