Premier contrat de mariage

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En 1634, le chirurgien percheron Robert Giffard arrivait en Nouvelle-France avec les premiers colons destinés à sa seigneurie de Beauport. L'ancien comté du Perche fournissait ainsi au jeune établissement son premier contingent de bâtisseurs de lignée. Beaucoup de Québécois francophones répandus à travers l'Amérique du Nord descendent de ces hardis défricheurs.

L'année suivante arrivait un autre pionnier, Robert Drouin, né en 1606 dans la petite commune du Pin-la-Garenne, que l'on atteint de nos jours par la départementale 938. Dans l'église, d'ailleurs, on trouve une plaque à sa mémoire, placée par les soins de l'un de ses descendants, le généalogiste Gabriel Drouin, de même qu'un tableau de la Vierge datant de 1630 et que le jeune paysan eut sans doute l'occasion d'admirer avant de s'embarquer pour la lointaine colonie.

Le 27 juillet 1636, Robert Drouin se choisissait une femme-enfant, la petite Anne Cloutier, qui n'avait pas encore dix ans : elle avait été baptisée le 19 novembre 1626. Il y eut sans doute une animation exceptionnelle au manoir du seigneur Giffard, car on y assista à la signature du premier contrat de mariage en Nouvelle-France.

Robert Drouin était assisté de son cousin, Barthélémi Lemoine, et de leur ami commun, François Bélanger. Quant à Anne Cloutier, bien que ses père et mère eussent été là, le seigneur et la seigneuresse lui servirent de témoins, de même que Jean Guyon et Mathurine Robin, deux amis de la promise.

C'est par-devant F. Guyon qu'on passa le contrat. Drouin et la dite Anne Cloutier,y lit-on, du vouloir et consentement des susdits leurs parents et amis se sont promis et promettent par ces présentes(se) prendre l'un l'autre par foi et loyauté de mariage, le parfaire et solleniser en sainte face d'église le plus tôt qu'il sera entre eux leurs parents et amis avisé.

Cette formule étonnera peut-être : c'est que la jeune fille n'était probablement pas nubile. En fait, le mariage ne fut célébré qu'un an plus tard, le 12 juillet.


Texte de Robert Prévost
 
Note: Cher lecteur, le reste du document est disponible dans "Hommages...".




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