Édouard Gohier
Premier maire de
Ville Saint-Laurent

2e partie


Associé en affaires avec Ludger Cousineau, Joseph-Ulric Émard et Joseph-Aldéric Ouimet, Édouard Gohier fonde la Compagnie des Boulevards de l’île de Montréal. Celle-ci développe le secteur où se trouvent de nos jours le boulevard Décarie et les rues Ouimet et Gohier, au sud du boulevard de la Côte-Vertu.

Parmi ses nombreuses autres transactions immobilières, il y a la vente de terres à la Canadian Northern Land Company qui érige au sud de la côte Saint-Laurent la Ville Modèle, qui deviendra plus tard la Ville de Mont-Royal. Il est également directeur de la Northern Land Company où il est l’un de ses principaux promoteurs. Ces propriétés, Édouard Gohier ne les achetait pas pour le plaisir de les contempler et de se dire : « Mon royaume s’agrandit de jour en jour ». C’était un homme pratique. Spéculateur en immeubles, il s’efforçait de saisir les occasions de faire des coups d’argent. Habile à prévoir la valeur que l’établissement d’entreprises importantes donnerait subitement à tel terrain, il en faisait l’acquisition au moment propice, pour le revendre presque aussitôt à un prix beaucoup plus élevé. Des millions lui passaient alors entre les mains. « L’apogée de son succès en affaires, écrit le juge Philémon Cousineau qui le connut intimement, fut durant les années 1911 à 1915. Son activité devint presque de la hardiesse et il n’y eut pas de spéculation possible qu’il ne tentât ». S’il était audacieux, énergique, décidé, il ne voulait rien faire cependant qui blessât son honnêteté foncière, qui put violer le moindrement la justice et la charité.

À cette époque, Édouard faisait des retraites à la villa nommée la Broquerie, à Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Après une troisième retraite fermée, en 1912, Édouard Gohier alla trouver le directeur de la maison et lui tint ces propos consignés dans les registres : « Le bon Dieu m’a singulièrement favorisé du côté de la fortune. Dans une nuit, il m’a fait réaliser la jolie somme de $600 000. lors d’un achat de terrain par le C.N.R. J’ai dit à ma femme : « Cet argent ne nous appartient pas; il est au Grand Maître ». Il faut le mettre à son service. Si tu veux, nous allons le consacrer aux bonnes œuvres. – C’est bien, dit-elle. – Nous établirons nos enfants convenablement, mais ils devront gagner leur vie eux-mêmes. Le travail personnel leur apprendra la valeur de l’argent… ».

Édouard Gohier avait l’intention de fonder un hospice pour les vieillards sur l’Île Jésus, dans la paroisse de Saint-Martin, où il avait vécu. Mais après plusieurs démarches, le projet échoua. Alors, il résolut d’en faire profiter la jeunesse, en leur procurant un lieu de retraite fermée. Il offrit l’une des différentes propriétés qu’il possédait à Saint-Laurent, Cartierville et Sainte-Geneviève et même sa maison de Saint-Laurent, un vrai château.



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