L'Islet et son histoire,
la suite


Avant les églises

L'Islet est entré dans l'histoire avec les deux concessions seigneuriales autorisées par Frontenac en 1677 : L'Islet-Saint-Jean adjugée à Geneviève Couillard le 17 mai, et Bonsecours le 1er juillet à François Bélanger.
Dès 1686, les habitants, une soixantaine d'âmes, demandèrent une chapelle. Deux assemblées réunies à cette fin, l'une le 16 décembre 1685 chez le seigneur Bélanger, l'autre le 17 mars 1686 dans la maison de François Guyon, un censitaire de l'extrémité ouest de la seigneurie Couillard, n'eurent pas de suite immédiate. Mgr de Laval et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, prévoyant les difficultés que pouvaient facilement causer l'édit royal de 1679 relatif au patronat d es églises, ne se pressèrent pas d'acquiescer au désir des censitaires. Il fallut patienter durant une quinzaine d'années. En attendant, on ira à Cap Saint-Ignace pour les offices du culte.

La première église

En 1700, on s'était accordé sur le choix d'un site. Le domaine seigneurial n'était plus au centre de Bonsecours, étant fixé pour l'avenir à l'extrémité est. Louis Bélanger, le deuxième seigneur, venait de donner une superficie de deux arpents sur le fleuve et de trois de profondeur "pour la bâtisse de l'église ou chapelle de Bonsecours, cimetière, jardin et presbytère". On peut encore aujourd'hui localiser ses fondations dans le cimetière, tout près de l'enclos réservé longtemps aux bébés morts sans baptême. L'église fut construite en pierre des champs. Elle mesurait 25 pieds de long et 20 de large, avait voûte en bois et rond-point, contenait 11 bancs distribués en trois rangées. Même si une deuxième église sera construite quelques vingt ans plus tard, elle restera debout jusqu'en 1853, date où, nous le verrons, sa maçonnerie sera incorporée aux fondations de la chapelle de la Congrégation.

Mgr de Saint-Vallier vint bénir ce premier temple le 22 août 1700. Il lui fit en même temps le cadeau généraux d'un calice et d'un ciboire en argent, celui-ci oeuvre de Michel Levasseur et pièce importante de notre orfèvrerie liturgique. A aussi préservé de la première église le maître-autel, dont le retable, sobre et joli, a peut-être été fait par un artisan de l'Islet.

L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DE-BONSECOURS-DE-L'ISLET

Le 17 mai 1677, Frontenac concéda à Geneviève Couillard, une seigneurie qui va de l'église actuelle à St-Jean Port-Joli. Elle passa par la suite à la famille Casgrain dont la maison existe encore, elle est située vis-à-vis le musée maritime. Le 1er juillet 1677, Frontenac concéda la Seigneurie Bonsecours, du Cap St-Ignace à l'église actuelle à François Bélanger. Le premier missionnaire dont il est question est l'abbé Thomas Morel, le 9 juillet 1979. Le 21 septembre 1721, la paroisse fut érigée canoniquement, mais entre temps une première chapelle a été construite à l'entrée du cimetière où est situé aujourd'hui le monument du Sacré-Coeur. Ses dimensions étaient de 20' x 25' et elle ne contenait que 11 bancs pour une population de 105 personnes.

La petite chapelle étant devenue trop petite, une église fut construite sur le site actuel en 1728. Elle mesurait 72' x 25'. En 1884, on terminait les agrandissements car la deuxième église fut démolie en 1768 pour faire place à l'église actuelle. Ses dimensions qui étaient de 1230' x 56' furent portées à 160' x 56'. Après son agrandissement, la façade et les clochers n'étaient pas assez beaux pour la grandeur de l'église, on dut refaire la façade et les deux clochers. On y trouve aujourd'hui entre deux clochers, la statue de Notre-Dame-De-Bonsecours, devenue la patronne de la paroisse. Dans les niches, les statues à droite de St-François d'Assise et à gauche, St-Jean-Baptiste. Des statues en bois sculptées par Amable Charron, recouvertes de plomb pour en assurer la conservation. Les cloches actuelles furent installées en 1884.

SCULPTURES
  1. le retable du chœur fut entrepris en 1782 par Jean et Pierre-Florent Baillargé
  2. le maître-autel par François Baillargé
  3. le tombeau de l'autel par François Lemieux
  4. le tabernacle fut l'oeuvre de Noël Levasseur.
  5. les deux trônes curiaux furent sculptés par J. Olivier Leclerc
  6. François Lemieux sculpta aussi les tombeaux des autels latéraux
  7. les anges sonnant de la trompette sont d'Amable Charron
  8. la voûte en plâtre est de François Berlinguet en 1870
  9. Chrysostôme Perreault sculpta le banc d'oeuvre
  10. la corniche qui soutient la voûte a été sculptée entre 1815 et 1825 par Amable Charron
  11. la chaire serait probablement l'oeuvre d'un des Levasseur et data de la 2ième église
  12. sorte de transept au nord, la chapelle fut entreprise par J.O. Leclerc d'après les plans de l'architecte David Ouellet; et, les pierres de la première chapelle ont servi pour les fondations
  13. le chandelier pascal est un don du monastère des Ursulines vers 1759; il serait l'oeuvre d'un des Levasseur
Les Tableaux
  1. Au-dessus du maître-autel, peinture de l'Annonciation par l'abbé Jean-Antoine Crequy, curé de Baie St-Paul et datée de 1776. Il a été inspiré des oeuvres du peintre français Charles de La Fosse (1636-1716).
  2. Au-dessus des autels latéraux, deux peintures de Dulongpré " Le Christ prêchant " et " Le Sacré-Coeur ".
  3. Sur les murs, six toiles d'Antoine Plamondon, exécutées de 1871 à 1873 et qui représentent : " St-Louis ", " Le Christ en croix ", " Le Christ est mort ", " L'Immaculée Conception ", " La Vierge des Douleurs " et " La Sainte Famille ".
Le trésor de l'Église
  • La lampe du sanctuaire de François Ranvoyzé est en argent massif ciselé.
  • Un calice et un ciboire en argent furent donnés par Mgr de St-Vallier en 1700, ils ont été façonnés par Michel Levasseur. Un ostensoir en or massif, un calice en or massif, un ciboire en or massif, un calice en argent massif : tous de François Ranvoyzé en 1810 et 1880.
  • Un calice en argent de Laurent Amyot.
  • Une piscine en argent massif et une aiguière en argent de François Sasseville.
Ces trésors sont conservés au Musée Provincial du Québec et demeurent toujours la propriété de la paroisse.

LES RÉPARATIONS

Dans le cours des années, de nombreuses réparations ont été nécessaires. En 1883, on plaçait un grand lustre de bronze à l'entrée du choeur; c'était un don du Curé Delage.
  • En 1898, devant l'augmentation de la population, on a dû ajouter deux galeries latérales au jubé de l'orgue.
  • En 1922, posage du système électrique et nouvelle réfection de la chapelle.
  • De 1925 à 1929, autres réparations de peinture et dorure.
  • En 1942, érection de la cheminée.
  • En 1937, un orgue Casavant de 17 jeux fut acheté.
  • En 1945, installation du chauffage, peinturage de la toiture, électrification des cloches, achat et pose des bancs actuels.
L'église ayant été déclarée Monument Historique en 1965 par le Gouvernement du Québec, on dut la restaurer, et depuis 1975, on a démolit le deuxième jubé, enlevé les galeries latérales; on a fait la restauration du plancher; plusieurs colonnes à chapiteaux ont été remises en place; peinturage et dorure de l'église, peinture des toitures de l'église et de la sacristie. La peinture de l'extérieur a été enlevée de même que les boiseries extérieures en bois du clocher et de al sacristie. En 1980, on a refait les joints des murs et des clochers. Tous ces travaux ont donné à l'église sa beauté originale qui fait la fierté des paroissiens ainsi que de tous les visiteurs qui s'y arrêtent.

Au début de la Seigneurie de Bonsecours, il y eut sept (7) familles pour une population de 41 âmes, faisant partie de la desserte confiée à l'abbé Morel, qui célébra la messe le 16 décembre 1685 dans la maison de François Bélanger. Après de longues discuccions sur le site de l'emplacement de la première église (chapelle), Louis Bélanger (2e seigneur) donna une superficie de deux arpents de large sur le fleuve et de trois arpents de profondeur "pour la bâtisse de l'église ou chapelle de Notre-Dame de Bonsecours, cimetière, jardin et presbytère" (extrait des minutes de la Fabrique).

Cette donation autorisait aussi le curé à prendre le bois de chauffage dont il avait besoin sur toute l'étendue de la terre du seigneur et elle fut faite à la condition que le seigneur Louis et son épouse soient enterrés gratuitement dans la dite église avec messe pour le repos de leur âme.


On voit ci-dessous la façade de l'église construite en 1768 et agrandie en 1830, après les dernières restaurations.


L'une des plus belles églises du Québec. Elle est classée monument historique.


Entre les deux clochers, Notre-Dame de Bonsecours, sculpture de Louis Jobin. Dans la niche, à droite le Christ, à gauche Saint Jean-Baptiste. La date de 1768 sur la façade de l'église fait référence à l'exhortation de Mgr Briand de construire une nouvelle église.



À l'intérieur on y retrouve bon nombre d'oeuvres d'art. Le choeur de l'église est un chef d'oeuvre des sculpteurs québécois François, Jean et Pierre Florent Baillargé et on y remarque aussi des peintures de Jean-Antoine Aide Créguy et de Antoine Plamondon (portraitiste). Le chemin de croix est l'oeuvre du sculpteur sur bois Médard Bourgault. En face de l'église, se trouve la ferme de Laurent Bélanger, dernier descendant en ligne directe de François et de Louis. Sa résidence se trouve située sur l'emplacement même du manoir démoli en 1914.



Retour au manoir Bélanger