Nicolas Bélanger
(ou Bellanger dit Catherine)

Qui était-il ?


Note : À moins de preuve contraire, Nicolas n'est pas le fils aîné, le frère, le cousin ni le neveu de François.


Nicolas Bellanger, de Beauport, est-il le fils de François Bélanger et de Marie Guyon?
(Raymond Bélanger)

Plusieurs auteurs anciens et contemporains affirment que Nicolas Bélanger, arrivé à Beauport vers 1652 et marié à Marie de Rainville en 1660, était le fils légitime de François Bélanger et de Marie Guyon? Cette opinion, soutenue initialement par Tanguay, se rencontre encore aujourd’hui dans de nombreux livres de généalogie. Elle nous semble, à la lumière des outils actuels de recherche, impossible à soutenir. Pour le moment, cette filiation entre François et Nicolas Bélanger s’appuie exclusivement sur des arguments d’autorité (Tanguay, Yvanhoë Caron, Louis Guyon, Drouin, Raymond Masson). Elle ne fait référence à aucune preuve directe (acte notarié, registre de baptême). Cette filiation ne peut même pas se fonder sur la preuve par présomption résultant de la convergence de plusieurs faits qui nous permettent de passer du connu vers l’inconnu. Quant à un lien de parenté quelconque (cousin, oncle) entre François et Nicolas, nous suspendons notre jugement même si nous croyons cette position peu probable. La conclusion de Tanguay, sur cette soi-disante filiation, s’appuie sur le fait que les deux sont originaires de Touques, ce qui est loin d’être certain pour François Bélanger.

Maison de Nicolas Bélanger à Beauport


Vue aérienne. En bas, à droite, la propriété où Nicolas Bélanger et de Marie de Rainville ont élevé leur famille. La maison porte le numéro civique 600, Avenue Royale, Beauport.
Elle est isolée sur un grand terrain borné par trois rues.

Pour sa part, Jetté argumente sur le fait que François aurait été baptisé, comme Nicolas, à Pont l’Évêque, proche de Touques. Il en déduit un lien quelconque de parenté entre les deux, mais sans préciser sa nature. Ici encore, il n’existe aucun document administratif pour affirmer que François Bélanger ait été baptisé à Touques. L’enquête généalogique suivante conduit à un cul-de-sac et révèle une absence d’indices factuels, isolés ou convergents, qui nous justifierait de présumer ou de déduire un lien de filiation entre Nicolas et François Bélanger. Alors, il ne reste aux tenants de cette position que la spéculation ou la preuve par l’autorité qui, en l’occurrence, ne résiste pas aux faits.

Selon nous, les arguments suivants, d’ordre biologique, juridique et administratif, montrent qu’il est impossible d’affirmer que Nicolas soit le fils de François Bélanger et de Marie Guyon. Biologiquement, ceci est impossible pour Marie Guyon car elle serait alors âgée de huit ans lors de la naissance de Nicolas en 1632. En effet, elle naît en 1624 et Nicolas, selon son acte de sépulture, meurt en 1682 à l’âge de 50 ans. Également, si Nicolas était le fils de François et de Marie Guyon, ses enfants auraient hérité de ceux-ci. L’argument juridique nous apparaît le plus fort pour rejeter toute filiation car, en vertu de la Coutume de Paris, les descendants de Nicolas auraient eu droit au partage de la terre de Château-Richer en 1698 et à la moitié de la seigneurie de L’Islet-Bonscours car Nicolas est le fils aîné. Dans ces deux règlements n’apparaît aucun fils de Nicolas.

Enfin, si nous nous référons aux actes de baptême, de mariage, tant civils que religieux, des deux familles ou de tout autre contrat (affaires), nous constatons vite qu’aucun membre des deux familles ne se côtoie en Nouvelle-France. Connaître les personnes présentes à ces événements familiaux nous permet non seulement d’identifier leur lieu de résidence, mais souvent les liens de parenté, de voisinage. Voici quelques tableaux indiquant d’une part les héritiers des successions de Château-Richer et de Bonsecours et d’autres part les personnes présentes aux baptêmes des enfants de François et de Nicolas. Pour la succession de la terre en « roture » de Château-Richer, le partage se fait également entre les 10 héritiers. Comme la seigneurie de Bonsecours relève d’une succession noble, l’aîné reçoit nécessairement la moitié de la seigneurie et les autres enfants se partagent également l’autre moitié. Or dans ce cas-ci, c’est Charles, le fils aîné de François et de Marie Guyon qui reçoit cette moitié et non l’aîné de Nicolas, Pierre-Bertrand.

Référence : « François Bélanger à Beauport », L'Ancêtre, numéro 277, volume 33, hiver 2007, p. 119-132.


Acte de décès de Nicolas Bélanger