François Bélanger, propriétaire prospère aux multiples occupations



Une fois libéré de son laps de probation, François Bélanger reçut du Seigneur de Beaupré une concession sur la côté de Beaupré, comme en fait foi un document du 23 septembre 1639, passé devant Becqet, dans lequel il est question d'une concession faite à lui-même par les Seigneurs de la dite côte de Beaupré en date du… (et la date manque) de même que cette concession, qui est introuvable. La seule précision que nous ayons de cette concession est la carte de Jean Bourdon dressée en 1641 et qui montre la terre de François Bélanger située entre celle de Zacharie Cloutier le jeune et l'abri de Cloutier. C'est ainsi que ses deux voisins sont désignés sur cette carte. Cette concession mesurait six arpents de largeur et s'étendait sur une lieue et demi de profondeur. Elle se trouvait dans le territoire de la localité actuelle de Château-Richer. C'est à cet endroit que François Bélanger passa la plus grande partie de sa vie, qui fut toute remplie de durs labeurs, entouré qu'il était de l'estime des siens et jouissant de la confiance et de la considération de ses concitoyens.

François Bélanger était alors, nous dit Mgr Gosselin, " un des principaux habitants de la région et il avait la confiance des autorités et des colons.
 
François Bélanger, syndic en 1653


C'est cette considération générale, tant du côté civil que du côté religieux, qui fit accéder François Bélanger à la charge de syndic. Cette nomination, comme nous l'apprend le Journal des Jésuites, fut faite le 9 août 1653. Malgré les troubles, les habitants firent les élections de leurs représentants. Fut faite et déclarée la nomination de M. d'Aillevoust au syndic, Thomas Hayot, adjoint du Cap-Rouge, y compris Sillery, M. de Tilly, adjoint de la côte de Ste-Geneviève, M. Denis, adjoint de Québec, le Sieur de la Meslée, adjoint de la côte de Notre-Dame des Anges, Guillaume Pelletier, adjoint de la Longue-Pointe, et Pierre Picard, adjoint du Cap-Tourmente, M. Bissot, adjoint de la côte de Lauzon. Les syndics, nous dit Benjamin Sulte, " étaient les représentants des intérêts de leur commettants auprès du gouverneur. Les Syndics ou procureurs syndics, dans les affaires et les procès représentaient les corps qui les avaient élus. " Le général de la flotte, et les syndics des habitants de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal avaient entré et séance au Conseil avec voix délibérative, pour y représenter seulement ce qui regardait les charges et intérêts de leurs commettants. Ils étaient élus au scrutin pour trois ans.

Le premier acte notarié que nous connaissions de François Bélanger est une obligation à Pierre Legardeur de Repentigny, passé devant Lecoutre n.r., le 8 septembre 1647, no 10 a. Dans cet acte François Bélanger est dit " habitant demeurant à la Nouvelle-France, en la Rivière St-François. " Dans cette obligation, François Bélanger reconnaît et confesse devoir et il s'oblige de payer au Sieur de Repentigny, Pierre Legardeur, la somme de cent livres pour vente et livraison faite par le Sieur de Repentigny à François Bélanger de deux poinsons de blé à raison de 80 livres le poinson, qu'il s'engage à payer dans un an de ce jour, et en garantie il donne ses biens. Sur ce contrat, comme sur tous les autres d'ailleurs, François signe d'une belle écriture et écrit Bélanger avec deux LL et un E soit Bellenger.

À cette même époque, il s'associe à Massé Gravel pour exploiter en commun sa terre de Château-Richer. Deux ans plus tard, au printemps, Maurice Arrivé lui doit 50 livres pour une arquebuse. Au mois de mai de la même année, il met fin à son association avec Massé Gravel en lui versant 100 livres par arpent qu'il l'a aidé à défricher sur sa terre. Il obtient quittance de 198 livres le 22 décembre 1658 et quittance finale le 23 mars 1660. Au cours de cette même année, il remplit la tâche de marguillier à Château-Richer. C'est également lui qui est choisi en 1662 comme curateur aux affaires d'Olivier le Tardif devenu caduc. C'est à ce titre que, le 22 avril 1664, il se présente devant le notaire Claude Auber pour donner un rapport d'arbitres sur la terre d'Olivier Le Tardif et régler les comptes avec Abel Benoît son fermier." 
En 1669, François Bélanger devient également un des premiers capitaines de milice pour la côte de Beaupré, à Château-Richer. 
Par ailleurs, dans les années qui suivent, il a maintes fois à comparaître en justice afin de régler certains différents avec ses beaux-frères. 
 
 
Par ailleurs, quelques années plus tard, soit le 18 février 1654, Jean Guyon " Sieur du Buisson ", concédait à sa fille unique, Marie " en cadeau de noces ", un lopin de terre de 20 perches de front " en bordure du Saint-Laurent, sur une lieue et demie de profondeur à l'Ange-Gardien, bâtiments et animaux compris." Il s'agissait d'une portion de cinq arpents de front, limitée d'un côté par les terres de Guillaume Couillard, de l'autre par Louis Couillard que le sieur de Lauzon, comme procureur de Messieurs de Beaupré, avait concédée par acte notarié, trois jours plus tôt à Jean Guyon. Ce 18 février 1654, il y avait donc bâtiments et animaux sur la terre concédée par Jean Guyon à sa fille. (Cependant, Marie et François n'habiteront jamais à l'Ange-Gardien.) 
 
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